Qui Suis-Je ?

Je suis Fatoumata Sidibé. On me surnomme aussi Fathy. Quatrième enfant d’une famille de dix enfants, je suis à Bamako (Mali).  J’ai passé les premières années de ma vie entre la Belgique et l’Allemagne avant de m’installer en Belgique, dans ce plat pays que j’ai fait mien.

Je suis une femme plurielle : artiste peintre et auteure, militante des droits humains, cofondatrice et ancienne présidente du Comité belge Ni Putes Ni Soumises, députée bruxelloise de 2009 à 2019. Ma mère, Saran Coulibaly, m’avait surnommée         « Poudre de Piment ».

A huit ans, j’étais révoltée contre les injustices et les discriminations faites aux femmes. Je ressentais d’instinct qu’un autre monde était possible pour elles.

Ma mère mit du zèle à faire de ses filles, de parfaites futures femmes.

Après l’école, j’appris très jeune à aller au marché, à faire la cuisine pour une famille nombreuse, à habituer mes yeux à la fumée des feux de bois, à prendre les braises à mains nues pour les remettre dans l’âtre, à piler le mil, à lessiver à en avoir le dos endolori, à plumer les poulets, à balayer, à nettoyer, à récurer, à puiser l’eau du puits, à courir par ci, par là. J’étais tellement rapide que ma mère m’appelait autorail. Et parce que j’étais efficace et jamais à court d’idées, elle me nommait aussi Samantha Ma sorcière bien aimée.  Mais O injustice, pendant que les filles se faisaient déborder par les corvées, les garçons restaient assis sous l’arbre, à palabrer inutilement ou à boire du thé!  Toute petite, on nous apprend que la femme se doit, à l’instar du symbole des trois singes, « ne rien voir, ne rien dire, ne rien entendre ».

Je rêvais de liberté. Mon père m’avait donné le goût de la lecture, de l’écriture et des voyages.  Je voulais m’enfuir d’un coup de baguette magique. En attendant, je m’évadais dans les livres que je dévorais petite, à la lumière de la lampe pétrole, car nous n’avions pas d’électricité à la maison.  Et parce que j’aimais la magie des mots, j’écrivais mes pensées sur des feuilles volantes qui s’envolaient avec le vent de l’Harmattan. Très tôt, j’ai compris qu’un diplôme était un passeport pour la liberté. La solitude est un luxe en Afrique. Je me réfugiais dans les livres, je me mettais au lit à la même heure que les poules, pour rêver. Je me faisais la promesse de ne pas vivre la même vie que celle de nos mères.

Je voudrais dire aux femmes  qu’il y a un temps pour faire naître et un temps pour naître, un temps pour donner la vie et un temps pour se donner la vie, qu’il n’est pas possible que leur destin soit déterminé, qu’il y a une issue quelque part, qu’elles peuvent  éclore, briser les liens, se libérer des traditions qui les malmènent et les enferment, que la division des femmes est leur plus grande faiblesse. Je voudrais dire aux femmes que les premières chaînes dont elles doivent s’affranchir, ce sont celles forgées dans leurs familles, qu’elles ne doivent pas renoncer à leurs rêves tant qu’ils n’ont pas renoncé à elles. Et les rêves ne renoncent pas de sitôt.

J’ai quitté le Mali,

suite à des manifestations estudiantines contre le régime militaire en place. J’étais déjà sur le front de la résistance. J’étouffais. Je rêvais de liberté.  J’ai financé mes études en faisant du ménage. J’ai connu la solitude, le désespoir, la faim, le froid. Mais chaque obstacle était une occasion de grandir. Mon diplôme en communication sociale et journalisme en poche, j’ai remisé mon balai et ma serpillère. J’ai travaillé dans le secteur privé et associatif, collaboré comme journaliste free-lance à des magazines belges et étrangers

Je reste portée par le pouvoir de la liberté.

La liberté de déployer ma pleine puissance. La liberté de prendre le pouvoir sur ma vie. La liberté de créer. Car créer, c’est résister. C’est imaginer qu’un autre monde est possible. C’est cette liberté qui me guide dans mes engagements professionnels, militants, artistiques et littéraires. Je suis résolument optimiste et passionnée.  Et mes rêves ne s’épuisent pas.

Fatoumata Fathy Sidibé
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